L’utilisation des écrans et jeunes enfants soulève de nombreuses préoccupations…
Il est 7h30 du matin. Vous êtes encore un peu groggy, votre café à la main, pendant que votre enfant est déjà hypnotisé par son dessin animé préféré. Tentant, non ? Vous profitez d’un moment de répit pour vérifier rapidement vos mails ou faire défiler Instagram. C’est si facile, si pratique. Mais il est temps de se poser une question cruciale : que se passe-t-il vraiment dans ces moments où les écrans et jeunes enfants se côtoient au quotidien ?
“La technologie est un bon serviteur mais un mauvais maître.”
— George Orwell
L’Écran, ce « miroir » pour nos enfants
Les écrans sont partout. Téléphones, tablettes, télévisions, ordinateurs, et même les montres connectées… Il est quasiment impossible d’échapper à leur présence. Et nos enfants, petits observateurs attentifs qu’ils sont, suivent nos faits et gestes avec une précision étonnante. Nous sommes leurs premiers modèles, et nos comportements façonnent leurs habitudes.
Lorsque nous sommes constamment connectés, absorbés par nos écrans, quel message envoyons-nous à nos enfants ? Nous leur montrons que les écrans sont non seulement acceptables, mais aussi indispensables. Alors, il n’est pas surprenant qu’ils réclament eux-mêmes de plus en plus de temps d’écran. Ils imitent ce qu’ils voient. Ainsi, limiter le temps d’écran de nos enfants doit inévitablement commencer par nous-mêmes.
Les différents écrans : un environnement saturé
Nos enfants sont entourés d’écrans de toutes sortes, qu’il s’agisse des télévisions dans le salon, des tablettes sur la table basse, ou des smartphones toujours à portée de main. Même dans les écoles, les écrans commencent à occuper une place importante, souvent sous forme de tableaux interactifs et de tablettes éducatives.
Cette omniprésence des écrans peut rendre difficile la tâche des parents qui tentent de limiter leur utilisation. Cependant, il est essentiel de rester vigilant. Les écrans ne doivent pas devenir une solution de facilité pour occuper les enfants. À la place, il est crucial de leur proposer des alternatives riches et stimulantes.
Montrer l’exemple : l’importance de la disponibilité parentale
Pour réduire la dépendance aux écrans, il est essentiel que les parents soient disponibles et présents pour leurs enfants. Cela signifie parfois de mettre de côté nos propres appareils et de créer des moments de qualité avec eux. Il ne s’agit pas de devenir un parent parfait, mais plutôt de montrer que l’on peut être attentif, engagé, et prêt à interagir sans l’intermédiaire d’un écran.

Voici quelques solutions concrètes pour les parents :
- Fixer des moments sans écran pour toute la famille : Que ce soit pendant le repas ou en fin de journée, éteignez tous les écrans et profitez de moments ensemble. Laissez vos téléphones dans une autre pièce et concentrez-vous sur vos enfants.
- Pratiquer des activités en plein air : Sortir dans la nature, se promener, faire du vélo, ou jouer au parc sont d’excellentes alternatives aux écrans. Ces activités permettent aux enfants de bouger, de découvrir, et de se dépenser.
- Proposer des jeux de société et des activités créatives : Les jeux de société sont un excellent moyen de passer du temps en famille, tout en développant des compétences cognitives et sociales. De même, les activités comme la peinture, le dessin, ou le bricolage stimulent la créativité de l’enfant.
- Lancer des défis familiaux sans écran : Proposez des défis amusants, comme une journée entière sans écran. Faites-en une aventure où chaque membre de la famille doit trouver des activités à faire ensemble, loin des écrans
Pourquoi les écrans sont-ils néfastes pour les tout-petits ?
Les écrans et jeunes enfants forment un duo souvent problématique, et voici pourquoi.
- Sur-stimulation et Fatigue Cognitive : Les écrans captent l’attention des enfants en leur fournissant des stimuli visuels et auditifs intenses, qui ne sont pas naturels pour un cerveau en développement. Ces stimuli peuvent être trop complexes pour un jeune esprit, créant une fatigue cognitive qui peut se manifester par de l’irritabilité et des troubles du comportement.
- Retard du Développement Langagier : Les jeunes enfants apprennent à parler en interagissant avec leurs parents et en écoutant leur environnement. Lorsque le temps passé devant un écran remplace les conversations et les lectures, le développement du langage peut en pâtir. Les écrans ne permettent pas les échanges interactifs nécessaires à l’acquisition du langage.
- Isolement Social : Les enfants ont besoin d’interactions sociales pour apprendre à partager, à coopérer et à développer leur empathie. Le temps passé devant un écran est souvent un temps passé seul, ce qui limite les occasions d’apprendre ces compétences sociales cruciales.
- Troubles du Sommeil : La lumière bleue émise par les écrans perturbe la production de mélatonine, l’hormone qui régule le sommeil. Cela peut entraîner des difficultés à s’endormir, un sommeil de mauvaise qualité, et des réveils fréquents. Pour les jeunes enfants, un sommeil de qualité est essentiel à leur croissance et à leur développement.
Qu’apportent les « vraies » activités aux enfants ?
Contrairement aux activités passives sur écran, les « vraies » activités – celles qui impliquent des interactions physiques, sociales, et cognitives – offrent des bénéfices multiples et inégalés pour le développement des enfants.
- Développement Cognitif : Les activités telles que les jeux de construction, le dessin, ou les puzzles encouragent les enfants à réfléchir, à résoudre des problèmes, et à prendre des décisions. Ces jeux nourrissent leur imagination et stimulent leur curiosité naturelle, des compétences essentielles pour l’apprentissage.
- Développement Moteur : Les jeunes enfants doivent explorer leur environnement pour développer leurs capacités motrices. Les activités comme courir, grimper, ou manipuler des objets leur permettent de renforcer leur coordination, leur force, et leur équilibre.
- Interaction Sociale : Les jeux partagés, qu’ils soient avec les parents ou avec d’autres enfants, enseignent des compétences sociales précieuses comme la communication, le partage, et la collaboration. Ces interactions sont essentielles pour le développement émotionnel et relationnel des enfants.
- Apprentissage par l’Expérience : Les activités manuelles et sensorielles, telles que la peinture avec les doigts, la pâte à modeler, ou les jeux dans la nature, permettent aux enfants d’apprendre par l’expérimentation directe. Ces expériences sont fondamentales pour comprendre le monde qui les entoure et développer une conscience de soi et de leur environnement.
- Régulation Émotionnelle : Les jeux libres et créatifs offrent aux enfants une opportunité d’exprimer leurs émotions, de les comprendre, et de les gérer. Ils apprennent ainsi à reconnaître leurs sentiments et à trouver des moyens appropriés de les exprimer, ce qui est crucial pour leur développement émotionnel.
Les temps d’écran recommandés : que disent les experts ?
Sur le sujet des écrans et jeunes enfants les experts ont leur avis. Pour les jeunes enfants, les recommandations sont claires et sans appel :
- 0 à 2 ans : Pas d’écran du tout. Les tout-petits ont besoin de découvrir le monde par le toucher, la vue, le son, et les interactions humaines. Les écrans, avec leur lumière bleue et leurs images rapides, peuvent être déroutants pour un cerveau en plein développement.
- 2 à 5 ans : Pas plus d’une heure par jour, de préférence en présence d’un adulte qui peut aider à contextualiser ce que l’enfant voit. Ce temps doit être utilisé pour des contenus de qualité, éducatifs, et interactifs.
- 5 à 6 ans : Jusqu’à une heure par jour, avec un accent mis sur des contenus enrichissants. Il est crucial de maintenir une supervision active et de discuter de ce que l’enfant regarde.
Ces recommandations sont essentielles pour s’assurer que l’enfant développe ses compétences cognitives et sociales sans devenir dépendant des écrans.
Les « 4 PAS » : un guide pratique pour protéger nos enfants
Connaissez-vous les « 4 PAS » ? C’est un outil simple et efficace pour aider les parents à mieux gérer l’exposition aux écrans de leurs enfants :
- Pas d’écran le matin avant l’école : Les écrans le matin peuvent rendre les jeunes enfants plus irritables et distraits, ce qui complique le déroulement de la journée scolaire.
- Pas d’écran durant les repas : Les repas sont des moments privilégiés pour les échanges en famille. Mettez les écrans de côté et profitez de ces instants pour discuter et partager.
- Pas d’écran avant de dormir : Les écrans perturbent le sommeil des enfants. La lumière bleue des écrans interfère avec la production de mélatonine, l’hormone du sommeil. Éteignez les écrans au moins une heure avant le coucher.
- Pas d’écran dans la chambre : Les écrans dans la chambre perturbent non seulement le sommeil, mais ils peuvent aussi encourager une utilisation excessive et incontrôlée.
Ces règles simples permettent de limiter l’impact négatif des écrans sur les jeunes enfants tout en préservant des moments importants de la journée.
Je vous invite à lire le livre de Sabine DUFLO, “Stop aux écrans“.

Concrets : que faire quand l’écran semble être la seule option ?
Il est indéniable que certaines situations poussent les parents à céder aux écrans pour éviter une crise ou occuper l’enfant. Voici quelques exemples de ces situations courantes et des alternatives concrètes aux écrans.
1. Dans la salle d’attente chez le médecin :
- Alternative : Prévoyez une petite trousse d’activités comprenant des crayons de couleur, un petit carnet de dessins, ou même des autocollants. Vous pouvez également apporter un livre d’images ou un livre interactif pour divertir votre enfant tout en stimulant son imagination et sa curiosité.
2. Au restaurant en attendant le repas :
- Alternative : Engagez votre enfant dans des jeux simples comme « Je vois quelque chose qui est… » ou apportez des jouets de table comme des figurines ou des puzzles magnétiques. Ces activités peuvent être amusantes et éducatives, tout en permettant à votre enfant de rester calme et occupé.
3. Pendant les trajets en voiture :
- Alternative : Créez une playlist d’histoires ou de chansons que votre enfant aime. Les livres audio sont également une excellente alternative qui peut transformer un trajet en voiture en une aventure narrative. De plus, jouer à des jeux classiques comme « Devinettes » ou « Qui suis-je ? » peut rendre le voyage plus interactif et amusant.
4. À la maison, quand vous avez besoin d’un moment pour vous :
- Alternative : Aménagez un coin spécial pour l’enfant avec des jouets qu’il n’utilise pas souvent, ou proposez-lui une activité créative comme modeler avec de la pâte à sel, créer des collages, ou construire une forteresse avec des coussins. Ces activités permettent à l’enfant de jouer de manière autonome tout en stimulant sa créativité et son développement.
Play and Grow Together : une alternative simple pour des activités sans écran
Pour les parents en quête d’alternatives aux écrans, Play and Grow Together propose une solution pratique et accessible. Cette plateforme en ligne est spécialement conçue pour offrir des idées d’activités ludiques et éducatives à réaliser avec vos enfants, sans avoir besoin de les exposer à des écrans.
Les fiches disponibles sur la plateforme sont des outils clés en main, couvrant tous les aspects essentiels du développement des jeunes enfants, de la motricité à la créativité, en passant par l’apprentissage social et émotionnel. Chaque fiche est claire, facile à suivre, et adaptée aux besoins spécifiques de chaque enfant, offrant ainsi une réelle valeur ajoutée pour les parents qui souhaitent accompagner leurs enfants de manière active et enrichissante.
Pour vous donner un avant-goût de ce que la plateforme a à offrir, Play and Grow Together propose gratuitement une fiche issue de chaque module lors de l’inscription. Cela vous permet de découvrir par vous-même les nombreuses possibilités d’activités sans écran que vous pourrez partager avec votre enfant.
En conclusion, il est temps de repenser notre relation aux écrans, tant pour nous que pour nos enfants. Montrez l’exemple, suivez les recommandations et adoptez les « 4 PAS ». Avec cela, nous pouvons offrir à nos enfants un environnement sain et équilibré. Avec un peu de créativité, de la disponibilité, et le soutien de ressources comme Play and Grow Together, il est possible de rétablir un équilibre où les moments sans écran deviennent des moments de découverte et de bonheur partagés. Après tout, un sourire échangé vaut bien plus que tous les pixels du monde.
Il me semble qu’une des clés est de garantir la variété et de favoriser la curiosité.
Je ne pense pas avoir été une mère parfaite et j’ai du mal à lire, je l’avoue, ces règles que je trouve souvent culpabilisantes… Aujourd’hui mes fils sont grands et ils ont de usages très différents de leurs écrans.
J’ai souvenir de les avoir emmener dans des musées où, petits, ils ne regardaient pas les éléments exposés mais s’approchaient spontanément de tous les écrans pour les toucher.
Il est un peu tard pour lutter contre les écrans, il est crucial de s’assurer des bénéfices de leur présence également. Si tu es hyper curieux, tu peux apprendre bien plus qu’à l’école aussi grâce à ça 😉 Merci pour cet article
Merci Sophie pour ton retour. On a tous des experiences différentes et je suis totalement en phase que l’important c’est que ça marche… alors écran ++ ou ricochets en pleine nature, chacun sa formule 🙂
Merci pour ton article. J’aime beaucoup comment tu abordes le sujet sans dramatiser, tout en offrant des solutions concrètes pour mieux gérer l’utilisation des écrans. Tes conseils pratiques vont vraiment aider les parents à trouver un équilibre sain pour leurs enfants. C’est rassurant de savoir qu’on peut limiter les risques tout en restant connecté au monde numérique.
Je partage complètement et j’adore la citation d’Orwell !
Nous n’avons plus de télévision chez nous depuis 5 ans maintenant et à vrai dire, elle ne nous manque pas du tout !
Pour ce qui est de l’ordinateur, je ne l’allume que lorsque j’ai besoin de travailler et mes filles se rendent compte que ce n’est pas vraiment récréatif.
Pour les téléphones, c’est là que c’est le plus difficile car il y a des sollicitations tout le temps. Nous tâchons de les utiliser le moins possible et de toute façon, jamais entre les mains d’un enfant. Nous les prenons pour mettre une histoire audio par exemple, mais pas en dessin animé. Et en fin de compte, nos deux filles se comportent très bien au restaurant ou dans les salles d’attente… Notre astuce est de cacher certains jouets ou livres auxquels elles n’ont jamais accès, et de les sortir uniquement dans ces occasions. Elles sont toujours super contentes de les retrouver !
Merci pour ton retour et astuces! j’adhère totalement, les sollicitations sur tel sont juste omniprésentes…